TRES RARE LETTRE DE FERDINAND DE HOMPESCH

EVALUATION 1200-1500 euros lettre retirée par manque d'amateur.

dernier Grand Maître de l'ordre des Hospitaliers se Saint-Jean de Jérusalem

Dernier grand maître de l'ordre de Malte avant le vingtième siècle, Ferdinand de Hompesch (1774 Dusseldorf - 1803 Montpellier) avait été ministre de la cour de Vienne auprès des chevaliers pendant 25 ans avant d'accèder à la dignité de grand maître en 1797.

Il dut livrer Malte à Napoléon Bonaparte et abdiqua en faveur du tsar Paul 1er.

EVALUATION 1200-1500 euros

last Grand Master of the Order of St John Hospitallers of Jerusalem

Last Grand Master of the Order of Malta before the twentieth century, Ferdinand Hompesch (1774 Dusseldorf - 1803 Montpellier) was a minister of the court of Vienna with the Knights for 25 years before to access the dignity of grand master in 1797 .

He had to deliver to Malta and Napoleon Bonaparte abdicated in favor of Tsar Paul 1.

EVALUATION 1200-1500 EUR

letzte Großmeister des Ordens des heiligen Johannes Johanniter von Jerusalem

Letzte Großmeister des Ordens von Malta vor dem zwanzigsten Jahrhundert, Ferdinand Hompesch (1774 Düsseldorf - 1803 Montpellier) war ein Minister der Wiener Hof mit den Rittern für 25 Jahre vor der Würde des Großmeisters im Jahr 1797 Zugang zu .

Er musste nach Malta und Napoleon Bonaparte abdankte zugunsten von Zar Paul 1 liefern.

Parmi les fondateurs de l'Ordre du Temple se trouve le pieux moine bénédictin Jean de Jérusalem qui possédait de don de prophétiser ( 1 Cor 14:1 ), comme cela peut être prouvé en lisant le "Livre des prophéties" dont l'un des sept exemplaires originaux écrits à la main fut trouvé et récemment ouvert, dans les archives de la sinistre prison du KGB à Lubjanka par le professeur Gavielevwi. Cet exemplaire, l'un des sept, aurait été confisqué par les communistes dans le cloître de la Trinité, situé à Zagorsk, situé en dehors de Moscou, à l'époque où les communistes fermaient les églises en Russie. On prétend que cet ouvrage, connu d'un très petit nombre de personnes (une des copies confisquées, qui était la propriété de l'ordre des Templiers serait détenue par le Vatican) entraîna la dissolution de l'ordre des Chevaliers du Temple, comme Jean de Jérusalem, avant Nostradamus, l'annonce de manière prophétique dans le passage consacré au centre du monde, en disant que cette opinion est contraire à celle de l'Eglise de son temps.

Lettre originale de Ferdinand de Hompesch

 

le document est constitué d'une grande feuille (39cm/25,5cm)

Facture de la Vente aux Enchères

Montpellier, dernier refuge de Ferdinand de Hompesch, grand maître de l’ordre de Malte (5)

Montpellier, dernier refuge de Ferdinand de  Hompesch, grand maître de l’ordre de Malte (5)

Mais revenons à Ferdinand de Hompesch. La santé fragile du grand maître déchu décline, malgré les soins attentifs de son médecin personnel et du médecin montpelliérain, J.-A. Chrestien. Chrestien était un médecin connu pour un traitement des maladies vénériennes par la méthode iatraleptique, consistant à utiliser un mélange de chlorure d’or, de sodium et de pourpre de Cassius.
Thérapie préconisée avant lui et dans de multiples variantes par des médecins tels que Rondelet, Antoine Lecocq, Fallope, Collé, Glauber, Planiscampy, Horst, Uçay, Lapotherie, Hoffmann, qui avaient cherché avec opiniâtreté un remède à une maladie qui des siècles durant ravagea armées et populations civiles. Mais ces préparations à base d’or étaient tombées dans l’oubli avant que le médecin montpelliérain ne les ressuscite en publiant De la méthode iatraleptique et sur un nouveau remède dans le traitement des maladies vénériennes et lymphatiques (Paris, 1811).
Malgré les soins prodigués par le docteur Chrestien, Ferdinand de Hompesch rendit l’âme le vendredi 12 mai 1805, à 3 heures de l’après-midi dans sa demeure, après une violente crise d’asthme. Le 23 mai, le préfet de l’Hérault, Pierre Barthélémy Joseph, baron de Nogaret, autorisa par arrêté que le corps fût déposé dans un caveau de l’église Sainte-Eulalie, en attendant que sa famille décide d’une autre destination.
L’inhumation eut lieu à cette date, sans cérémonie. Le cercueil fut scellé aux armes de son Altesse Sérénissime et lié par un cordon en fil blanc formant sept tours et demi avec cinq sceaux de cire d’Espagne de couleur rouge.
Assistèrent à la mise en terre son aumônier, Joseph Milon, son ancien garde du corps, Jean Baptiste Sabatier, et le marguillier de la paroisse, Vicente Spulier. Y assista également le bailli de l’ordre de Malte, Suffren Saint-Tropez, frère du célèbre vice-amiral Pierre-André de Suffren, qui avait participé à de nombreuses batailles navales en Méditerranée, aux Antilles ou pendant la guerre d’Indépendance des États-Unis.
Le grand maître repose toujours dans l’église Sainte-Eulalie.
On peut imaginer le grand maître déchu se promenant dans les allées basses du Peyrou voisin et jeter un regard vers la Méditerranée en se souvenant de sa gloire passée dans le royaume lilliputien de Malte. Où il avait régné sur une île chrétienne, dernier bastion militaire, face aux rivages du sud de la Méditerranée sous domination musulmane. Il a sûrement croisé, au cours de ses promenades sur la place royale du Peyrou ou dans les rues proches de sa demeure, un enfant qui allait avoir une destinée de prophète des temps modernes.
Le jeune Auguste Comte habitait une rue voisine, dans une demeure faisant face à l’entrée de l’église Sainte-Eulalie, où il était né le 19 janvier 1798. Le futur prophète de l’amour, de l’ordre et du progrès évoque dans ses écrits les promenades et les jeux qui avaient pour cadre les allées basses du Peyrou surplombant l’hôtel de Guidais où était hébergé l’hôte illustre et déchu.
Le 3 mai 2005, jour de l’Ascension, et presque deux siècles après, jour pour jour, Fra Andrew Bertie, grand maître de l’ordre de Saint-Jean, accompagné du prince de La Rochefoucauld et de Leo Ferdinand, comte Henckel von Donnesmarck, respectivement présidents des ordres de Malte de France et d’Allemagne, assistèrent à une messe célébrée par l’évêque de Montpellier Guy Thomazeau en l’église Sainte-Eulalie.
Histoire de rester fidèle à la mémoire et pour marquer le bicentenaire de la mort du grand maître de l’Ordre.
Modeste hommage rendu à la mémoire d’un éphémère grand maître de l’ordre de Malte auquel les vicissitudes ne furent pas épargnées au cours de son séjour terrestre.

 

En deux mots :
Après la reddition du grand maitre, ce fut un peu la débandade. Certains chevaliers partirent se mettre sous la protection du Tzar, d'autres se rendirent à Rome pour se mettre sous celle du pape. L'Ordre perd à tout jamais sa souveraineté quoiqu'en disent les  membres actuels de l'Ordre de Malte. La branche russe disparut ... Les russes étant de religion orthodoxe, cela faisait désordre à l'époque! On se tourna donc vers le pape. Celui-ci eut toutes les difficultés du monde à nommer un grand maitre, exigeant que l'ordre reste sous son contrôle total. Cela faisait longtemps que la papauté voyait d'un fort mauvais œil la dite souveraineté de l'Ordre de Jérusalem qui en prenait un peu trop à son aise ...
Il trouva une pale individu du nom de Giovanni Tommasi pour remplir ce rôle et le tour fut joué.

Napoléon rendit à l'Eglise un fier service, ravie de mettre la main sur cet Ordre même si celui-ci avait perdu toute crédibilité et surtout toute richesse tombée principalement dans l'escarcelle de Napoléon.Le rôle de l'Ordre s'est en réalité éteint avec la fin des croisades quoique hôpital de Malte continuât à fonctionner bien après cette période. La richesse  de cette institution souveraine lui permit de perdurer, accomplissant quelques œuvres caritatives; pas d'ONG à l'époque.Et celui qui porte aujourd'hui son nom n'a plus rien à voir avec ce qu'il était, si ce n'est que pour en être membre, il faut présenter suffisamment de quartiers de noblesse et l'on se réjouit "noblement"  de faire quelque œuvres charitables et un voyage annuel à Lourdes, avec des malades. Le responsable des voyages à Lourdes n'est autre que le nouveau directeur de la Banque Vaticane. Le baron Ernst von Freyberg est le nouveau directeur de la banque du Vatican depuis le 15 février 2013. Mais il est aussi un fabriquant de navires de guerre pour la marine allemande.

Parmi les cold case, celui de l’Institut des œuvres religieuses (IOR), la banque du Vatican, et de ses 44 000 comptes secrets, était classé « explosif ». Depuis 9 mois et le limogeage de son dernier président, remercié pour « incompétence », l’institution, épinglée sur la liste noire des paradis fiscaux, n’avait plus de tête pour gérer ses 6,66 milliards d’euros pas davantage traçables qu’un bifteck chevalin. Dernièrement, durant six semaines, la cité vaticane a même été privée de ses tirettes et autres terminaux de paiement par carte bancaire…

En annonçant, ce vendredi 15 février, la nomination de l’un de ses amis, un allemand appartenant à une grande famille aristocratique de Bavière, à la direction de la banque vaticane, Benoît XVI pensait donc bien faire. Le CV du financier, à première vue, est impeccable. Côté bourse, le baron Ernst von Freyberg, 55 ans, est le co-fondateur et directeur de la société d’investissements DC Advisory Partners, ancien analyste à Londres et à New York. Côté pieux, il est également chevalier de l’Ordre de Malte et très actif dans l’organisation de pèlerinages à Lourdes.

Napoléon a toujours été considéré comme Franc-Maçon à son époque. Son initiation à la maçonnerie Egyptienne a eu lieu durant la campagne d'Egypte aux pieds de la Grande Pyramide. Il avait ensuite adopté l'Abeille et l'Aigle, symboles dans l'antique Egypte du Pharaon et accompagnant le Soleil osirien. Cette lettre personne n'en a voulu car elle représente un abandon complet de l'ordre à sa majesté impériale et laïque. Il y a un grand mélange des genres dans ces confréries ou les Francs-Maçons cotoient les cardinaux dans une corruption des moeurs et des affaires dont la traçabilité est difficile à établir. En fait on peut dire que les Loges maçonniques sont le gouvernement occulte de l'Eglise Catholique, côté finances et influences.

A tout hasard, je vous copie ci-après le texte du manuscrit : (à noter qu'à 'époque, on liait les mots les uns aux autres ("apeine") et l'orthographe -ni d'ailleurs la ponctuation- n'était "fixée" ainsi : "la plus vife ..."

Sire,Je mets aux pieds du trône de votre Majesté impérial l'humble hommage de mon très profond respect. Le couronnement de votre Majesté impériale rappelle au peuple français tant de victoires et de succès que les siècles avenir apeine oseront-ils le croire ainsi que le bonheur dont il est redevable a votre Majesté.Honoré, Sire, de sa haute protection, et comblé de ses bienfaits les voeux que je forme pour l'Auguste personne de Votre Majesté impériale, sont dictés par la plus vife et la plus respectueuse reconnaissance.Je suis avec un très profond respectSire De votre Majesté impériale Le très humble et très obéissant Serviteur Monpellier le 6 frimaire an 13. (= je crois : 6 novembre 1804) 

signé ferdinand de Hompesch

Comme vous le constatez, est écrit de la main du dernier grand maitre de l'Ordre souverain et militaire de St Jean de Jérusalem, peu avant sa mort en mai  1805, à Montpellier.

Ferdinand von Hompesch zu Bolheim

Ferdinand de Hompesch, plus exactement Ferdinand von Hompesch zu Bolheim1, (Bolheim 9 novembre 1744–Montpellier 12 mai 1805) est le 71e grand maître de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
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Le grand maître de Hompesch
Admis dans l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem à l'âge de quatre ans3 , Ferdinand de Hompesch fut d'abord page du grand maître Manoel Pinto da Fonseca. Il fut nommé parla suite ambassadeur de l'Ordre à la cour d'Autriche, poste qu'il occupa pendant vingt-cinq ans, jusqu'au 17 juillet 1797, date de son élection comme grand maître.

Il n'opposa aucune résistance au débarquement puis à l'investissement de Malte par les troupes françaises commandées par le général Bonaparte à partir du 6 juin 1798. La capitulation fut signée le 11 juin. Malte devenait une possession de la République française. En dédommagement, il était prévu que le gouvernement de la République interviendrait pour faire obtenir au grand maître une principauté en Allemagne ; à défaut, il devait recevoir une pension de 300 000 francs et, dans tous les cas, une indemnité de 600 000 francs au titre de la perte de son mobilier. Les chevaliers français se voyaient attribuer une pension de 700 francs (1000 francs pour les chevaliers âgés de plus de 60 ans). Quant aux chevaliers des autres nations, le gouvernement français s'engageait à intervenir en leur faveur auprès des États concernés4...
L'année suivante, Hompesch résigna ses fonctions de grand maître en faveur de l'empereur de Russie, Paul Ier.
Ferdinand de Hompesch est mort à Montpellier le 12 mai 1805 d'une crise d'asthme. Il est enterré dans l'église Sainte-Eulalie.

Les relations entre la France révolutionnaire et l'Ordre Souverain, dont les chevaliers français étaient le plus souvent issus de vieilles familles nobles du pays, s'étaient fort détériorées depuis les spoliations des biens de l'Ordre en France, le privant ainsi de revenus conséquents, et « l'assassinat » de Louis XVI à qui le grand maître Emmanuel de Rohan avait gardé fidélité jusqu'à la fin.

Lorsque ce dernier décéda à Malte le 13 Juillet 1797, âgé de plus de quatre-vingts ans, son neveu, le prince Camille de Rohan, espérait prendre sa succession, mais les représentants des Langues réunis optèrent pour Ferdinand de Hompesch qui fut élu le 17 juillet, à peine quelques jours après le décès de Rohan.

Ferdinand Joseph Hermann Antoine naquit le 9 novembre 1744 au château de Bollheim, la propriété familiale de ses parents, Johann Wilhelm et Isabella Byland zu Rheydt. Il n'avait que dix-huit ans lorsque son père mourut en 1762. Sa mère survécut jusqu'en 1785.

Le couple avait modifié le château, situé dans les environs de Paderborn, en Westphalie, le transformant en un semblant de forteresse peu avenante. Construit au carré et flanqué de quatre tours d'angle circulaires, l'ensemble était coiffé de toitures baroques. Il devint en 1794 propriété domaniale française et fut démoli en 1882 pour cause de vétusté.

Il n'est pas sûr que le jeune Ferdinand ait passé ses années de prime enfance dans ce château. On peut admettre qu'il ait grandi à Düsseldorf, plus animée que la triste demeure campagnarde.

Toujours est-il qu'à l'âge de quatre ans déjà (9 décembre 1748), il fut voué à l'Ordre de Malte.

En réalité, l'Ordre acceptait assez fréquemment des enfants de huit à dix ans, voire même dès leur baptême, ce qui permettait aux futurs chevaliers d'augmenter leurs années d'ancienneté, d'importance capitale dans l'obtention de leurs postes futurs.

En attendant qu'ils aient atteint l'âge requis et qu'ils puissent témoigner des quartiers de noblesse exigés pour obtenir leur admission et l'autorisation de porter la Croix, ils pouvaient servir comme pages auprès du grand maître. Celui-ci pouvait s'entourer de vingt-quatre de ces jeunes garçons, âgés de douze à seize ans.

Dernier commandeur de Soultz...

Ferdinand débarqua donc à Malte à douze ans (1756) et devint page auprès de Frà Emmanuel Pinto, grand maître de 1741 à 1773.

Le jeune baron fut admis dans l'Ordre le 10 juillet 1761, après présentation du nombre nécessaire de quartiers de noblesse, avec dispense, car il n'avait pas atteint encore l'âge adulte.

D'après les statuts de l'Ordre, une année de formation était exigée des jeunes novices. On insistait particulièrement sur le règlement, l'obéissance, la maîtrise de soi. En plus, une journée par semaine, ils étaient affectés au service de "Messieurs les Malades" à l'Hôpital de La Valette.

Dès 1767, le jeune chevalier est nommé à Malte à certains postes d'importance comme celui de membre du Conseil de la Langue d'Allemagne, puis magistrat (ou juge) en 1768, représentant du grand bailli à partir de 1770, puis en 1774 responsable de l'armement ou de l'équipement sur l'île, parmi d'autres postes de responsabilité encore. En 1796 il fut nommé grand bailli et conseiller de la guerre. De ce conseil, formé par quatre chevaliers grand-croix, dépendaient l'inspection des défenses et de l'armement, les exercices et la discipline de la troupe.

Hompesch appartenait également au chapitre général auquel il assista en 1776 sous l'autorité du grand maître de Rohan, faisant partie de la commission qui s'occupait de la gestion du trésor commun. Il fut aussi exécuteur testamentaire du grand prieur d'Allemagne Frà Jean-Baptiste de Schauenburg, un Alsacien, décédé en 1775 et enterré en l'église conventuelle de La Valette.

Dans tous ces domaines, Hompesch se fit remarquer par son intelligence et son grand savoir. Ses services, son efficacité étaient reconnus par tout son entourage. En février 1793 il fut nommé chevalier grand-croix par le grand maître de Rohan.

Plusieurs commanderies lui furent confiées : celles de Bassel en Lorraine, de Colmar, Dorlisheim, Mulhouse et Soultz en Alsace, celles de Herford, Reichardsroth, Rothenburg (ob der Tauber) et Villingen outre Rhin, en plus de celle de Lage dont il fut commandeur de 1785 à 1797.

Hompesch, chargé en outre de plusieurs missions de justice à Malte, y était apprécié pour sa loyauté et sa sincérité. De plus, pendant vingt-deux ans, il faisait office d'envoyé accrédité de l'empereur d'Autriche auprès du gouvernement de l'Ordre.



Dernier Grand Maître à Malte

C'est sans doute en raison de ses compétences diplomatiques qu'il fut proposé comme successeur du grand maître au décès de celui-ci. Mais une raison supplémentaire joua. Aucun chevalier de la Langue d'Allemagne n'avait jusqu'alors accédé à ce poste, occupé par plusieurs Français auparavant. En outre, Malte entretenait des relations plutôt conflictuelles avec les dirigeants de la France républicaine de 1789, ce que Bonaparte leur reprocha vertement peu de temps après.

Le grand maître de Rohan, en poste pendant vingt-deux ans, eut le temps et de nombreuses occasions pour juger le comportement et les actes du bailli de Hompesch, dont il appréciait surtout les qualités de diplomate. C'est ainsi qu'il le proposa lui-même comme devant lui succéder. Il y eut, lors de l'élection du 17 juillet, des réticences, mais dans l'ensemble on pensait que ce choix était le bon.

Ferdinand de Hompesch fut ainsi nommé 71ème grand maître de l'Ordre, le premier de la Langue d'Allemagne et le 28ème depuis l'installation de l'Ordre sur l'île de Malte.

A la cérémonie religieuse qui intronisa le nouveau grand maître, succédèrent beaucoup d'autres, toujours en grande pompe, tant au palais magistral que dans toute la cité de La Valette. Sur mer aussi, des salves de canons saluèrent la nomination.

Le climat politique dans lequel Hompesch s'installa n'était pourtant pas des plus sereins.

Rappelons qu'à ce moment la France, plus belliqueuse que jamais malgré les traités signés de part et d'autre, restait en état de guerre latent contre la coalition des autres puissances d'Europe avec l'Allemagne à sa tête, et que cette situation aurait pu s'avérer délicate pour le nouveau grand maître, d'origine allemande. Mais celui-ci, grâce à sa sagesse et ses expériences de diplomate, sut calmer les esprits sans trop de difficultés. Nous sommes en juillet 1797.

Moins d'un an plus tard, en juin 1798, Bonaparte faisant voile vers l'Egypte, vint tout bouleverser en investissant Malte...

Plusieurs chevaliers français jugèrent bon de le suivre, dans l'idée de pouvoir ainsi poursuivre d'une certaine façon la lutte séculaire de leur Ordre contre les Barbaresques.

C'est pourtant en Russie que la plupart de leurs autres compagnons trouvèrent asile et y proclamèrent le tsar Paul Ier grand maître.

Il est vrai que, dès le début de son magistère, Hompesch avait placé l'Ordre sous la protection du tsar qui rêvait d'en faire partie.

Entre-temps, alors que Paul Ier savourait son élection des plus irrégulières, Ferdinand de Hompesch s'était réfugié à Trieste, chassé de Malte par les Français. Grand maître déchu, il ne s'était pas encore résolu à abdiquer ; ce qu'il fit cependant, dans une lettre datée du 6 juillet 1799, où il remettait ses pouvoirs entre les mains du tsar ...pour se rétracter peu de temps après...

Il finit ses jours à Montpellier où il mourut le 12 mai 1805, abandonné de tous. On l'enterra dans le caveau de l'église paroissiale Sainte-Eulalie, hommage posthume à celui qui fut le dernier grand maître de l'Ordre à Malte, du temps de sa splendeur.



 

L’ORDRE HOSPITALIER
DE SAINT-JEAN DE JERUSALEM, 
ou, ORDRE SOUVERAIN DE MALTE


L’Ordre Souverain Militaire et Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, plus connu sous le nom d’Ordre de Malte, a comme origine des moines et des marchands du port italien d’Amalfi. Son berceau est l’église Sainte-Marie-Latine à Jérusalem, bâtie en 1048, ainsi que le monastère et l’hôpital édifiés sous ses murs, à l’intention des chrétiens résidant dans la Ville Sainte. Cette église était tenue par des seuls religieux, et l’hospice par des frères hospitaliers. A la suite de la conquête de Jérusalem par Godefroy de Bouillon, en 1099, le bienheureux Gérard Tenque sépara les hospitaliers des religieux et fonda l’Ordre de Saint-Jean-Baptiste, qui fut approuvé par le pape Pascal II en 1113. Après la mort de frère Gérard, son successeur Raymond du Puy (premier qualifié maître de l’ordre), le convertissait en un ordre religieux de chevalerie, que Calixte II confirma en 1120. Les chevaliers Hospitaliers faisaient vœux de chasteté, d’obéissance et de pauvreté. Ils n’adoptèrent la vocation militaire que vers 1140, sans toutefois perdre leur rôle hospitalier.
. Les chevaliers Hospitaliers portaient une soubreveste rouge ou noire, à la croix latine blanche. L’ordre était divisé en huit régions dites " langues " : Provence, Auvergne, France, Italie, Aragón-Navarre, Castille-León-Portugal, Angleterre et Allemagne.
. Entre 1142 et 1144, l’ordre acquit cinq forteresses dans le comté de Tripoli, dont le fameux Krak des Chevaliers, qui devint un symbole de sa puissance. Cependant, la chute de Jérusalem en 1187 força les chevaliers de Saint-Jean à se retirer à Margat, en Phénicie, puis à Saint-Jean-d’Acre.

Après la prise de Saint-Jean-d’Acre, ils passèrent dans l’île de Chypre (1291), puis, à Rhodes dont ils s’étaient emparés, en 1309 (on les nomme parfois " Chevaliers de Rhodes "). En 1522, après le siège de Rhodes par Süleyman II, les chevaliers, sont contraints de capituler. Leur grand maître Philippe Villiers de l’Isle-Adam demande alors au pape Clément VII un nouvel asile pour l’ordre.


. En 1530, les chevaliers allèrent s’installer sur l’île de Malte ; que l’empereur Charles Quint leur avait donné, en fief de son royaume des Deux-Siciles. L’ordre prit alors le nom usuel d’ " Ordre de Malte ". En 1565, les chevaliers durent faire face à un grand siège de l’île par les Turcs Ottomans, qu’ils repoussèrent après des mois de lutte acharnée. L’ordre fut alors fêté dans toute l’Europe en tant que sauveur de la Chrétienté. Cependant, les chevaliers s’attendant à un retour imminent des Turcs, ils bâtirent la ville fortifiée de La Valette, nommée en l’honneur du grand maître de l’époque, Jean Parisot de La Valette. Plus tard, les chevaliers de Malte s’illustrèrent à nouveau à la victoire de Lépante en 1571.
. En 1798, l’ordre capitula devant Napoléon Bonaparte qui confisqua tous ses biens. Les chevaliers durent alors quitter l’île de Malte. Le grand maître Ferdinand von Hompesch abdiqua en 1799, et, l’ordre tenta de se mettre sous la protection de l’empereur Paul Ier de Russie, proclamé nouveau grand maître. Mais le pape Pie VI refusa de reconnaître cette élection d’un orthodoxe, marié, et n’ayant jamais appartenu à l’ordre. Son successeur, l’empereur Alexandre Ier, ne souhaitant pas prolonger cette situation d’irrégularité, refusa la grande maîtrise en 1801, et édicta que l’ordre devait élire son grand maître selon ses statuts et usages anciens. Comme on ne pouvait convoquer une assemblée générale des membres de l’ordre, il fut convenu qu’il serait proposé au pape de choisir, pour cette unique fois, un grand maître parmi les candidats déjà élus par chacun des prieurés de l’ordre. Le 9 février 1803, Pie VII choisit le candidat élu par le prieuré de Russie, le bailli Giovanni-Battista Tommasi, qui devenait ainsi légitimement le 73e chef suprême de l’ordre.
. L’ordre se réfugia dès 1801 dans des villes d’Italie, mais ses biens furent confisqués presque partout. C’est finalement la papauté qui l’empêchera de disparaître. En effet, Léon XII transporta l’ordre dans les Etats de l’Eglise en 1827 ; puis, Grégoire XVI, en 1834, autorisa son installation définitive à Rome, au palais de Malte, où se trouve le grand magistère, encore aujourd’hui.
. Au XIXe siècle, après avoir été administré par des lieutenants généraux, l’Ordre Souverain de Malte fut de nouveau gouverné par un grand maître dont le titre fut rétabli, en accord avec le Saint Siège, en 1879. L’ordre reste aujourd’hui très hiérarchisé (un grand maître élu à vie est assisté par un souverain conseil). L’organisation en " langues " ayant disparu, les membres constituèrent des associations nationales dès 1864.
. De nos jours, l’ordre est revenu à sa vocation hospitalière primitive, et ses œuvres humanitaires témoignent de son intense activité auprès des pauvres et des malades. Il apporte une aide d’urgence lors de conflits ou de catastrophes naturelles, et, dispose d’hôpitaux dans le monde entier qui s’investissent également dans des travaux de recherche. L’Ordre Souverain de Malte possède un statut d’état indépendant. Son extra-territorialité est reconnue dans de nombreux pays dans lesquel il a une représentation diplomatique, ainsi qu’au Conseil de l’Europe, à l’UNESCO et à l’Institut International des Droits de l’Homme. Le siège de l’ordre est à Rome où il possède un territoire de 12.000 m2.

Depuis 1991, le gouvernement maltais lui à concédé la jouissance du fort St.-Angelo, proche de La Valette.
. Quatre ordres protestants ou anglicans, issus de la même souche, peuvent avec l’Ordre Souverain de Malte (catholique), se prévaloir du vocable de St.-Jean-de-Jérusalem. Ils jouissent de la reconnaissance officielle des états dans lesquels ils existent, et, ont créé en 1961 une " Alliance des Ordres de Chevalerie des Hospitaliers de St.-Jean-de-Jérusalem " (dont le siège est à Berne). Ces ordres sont : le " Grand Bailliage de Brandebourg de l’Ordre des Chevaliers de St.-Jean de l’Hôpital de Jérusalem " (Die Balley Brandenburg des Ritterlichen Ordens St. Johannis vom Spital zu Jerusalem ou " Johanniter Orden "), duquel sont dérivé les " Johanniterorden i Sverige " et "Johanniter Orde in Nederland " ; et le " Grand Priory of the British Realm of the Most Venerable Order of the Hopital of St. John of Jerusalem " (ou " The Order of St. John ").

 

Les différents ordres de Chevalerie

 


L'ORDRE DU TEMPLE

I8

Après la prise de Jérusalem le 15 Juillet 1099 par les croisés et l'instalation des Francs en Terre Sainte, les pélerins se mirent à affluer vers le tombeau du Christ et, pour assurer la police des routes, neufs chevaliers ayant à leur tête Hugues de Payens fondèrent en 1118 l'Ordre qui prendrait le nom du Temple lorsque Baudoin, en sa qualité de roi de Jérusalem, lui assignerait une demeure dans le voisinage d'un couvent de chanoines régulier, sur l'emplacement du Temple de Salomon. Régis d'abord pr la règle de Saint Basile, ce fut au concile de Troyes, en 1128 (ou 1129), que la règle du Temple, d'inspiration cistercienne, fut proposée par saint Bernard et adoptée.

Cérémonial de l'adoubement pour l'Ordre du Temple


LE TRES HONORABLE ORDRE DU BAIN

                  

Si la pratique du bain pour la réception d'un chevalier remonte au XIe siècle, l'Ordre du Bain proprement dit ne fut créé par Henri IV d'Angleterre qu'en 1399. Il en est pour la première fois question à l'occasion du couronnement de ce roi et l'on admet généralement qu'il fut institué en mémoire de cet événement qui vit quarante-six gentilshommes " prendre le bain " avant d'être armés chevaliers.
. Le même événement se produisit en 1413 lors du couronnement du roi Henri V : on parle dans les chroniques de cinquante gentilshommes qui, avant d'être reçus chevaliers de l'Ordre du Bain, s'étaient baignés avec le roi. A la fin du XVe siècle, plusieurs cérémonies rituelles disparurent, mais la coutume resta de faire toujours un certain nombre de nouveaux chevaliers à l'occasion du couronnement du nouveau roi.

Sous le règne de Charles Il (1660-1685), on continua à nommer des chevaliers du Bain suivant le même rituel, mais sous les règnes de Jacques 11, de Guillaume III et de la reine Anne, les circonstances politiques firent que l'Ordre tomba un peu dans l'oubli. Ce n'est qu'en 1725 qu'il fut tiré de l'obscurité par le roi Georges Ier qui lui donna un nouvel éclat. Ce monarque décida qu'il serait désormais décerné à des candidats qui auraient mérité la reconnaissance spéciale de la Couronne ou rendu des services signalés à l'Etat. Le nouvel Ordre se divisait en deux : un ordre civil récompensant le mérite et un ordre militaire réservé au souverain qui en était le grand maître et à trente-six chevaliers compagnons seulement.
. Mais la cérémonie préliminaire du bain n'exista plus et les anciennes traditions de jeûne et de veille disparurent. En 1847, la reine Victoria créa deux nouvelles divisions dans la hiérarchie de l'Ordre : les chevaliers Commandeurs et les Compagnons.

A partir de ce moment-là, l'Ordre tendit désormais à récompenser toutes sortes de services. Ses membres, civils ou militaires, forment trois classes : grand-croix, commandeurs et compagnons. Comme tous les ordres britanniques, il est conféré avec parcimon

Cérémonial de l'adoubement pour l'Ordre du Bain (mode très fréquent)


ORDRE CONSTANTINIEN DE SAINT-GEORGES

                                                                                                                                                                                               IA

L'empereur Constantin, après sa victoire sur Maxence le 28 octobre 312, décida de créer une légion de cinquante " croisés " chargés d'accompagner au combat le sacré " labarum " orné de la croix divine. Ce fut là l'origine de la " milice constantinienne de Saint-Georges ". L'Ordre reçut officiellement de l'empereur de Constantinople, Ange Comnène, des règles et un statut en 1190, et la règle de saint Basile lui fut imposée.

Après la chute de Constantinople, le 24 mai 1453, les princes italiens offrirent une large hospitalité aux Comnène et aux chevaliers constantiniens. L'Ordre, tout en demeurant strictement familial, passa aux Bourbons de Naples à la mort du duc François ler Farnèse.
. Pendant les guerres de l'Empire, la dignité suprême de l'Ordre émigra un moment en Sicile, mais elle revint en 1814 dans la capitale du royaume de Naples.

Après les traités de 1815, Marie-Louise, archiduchesse d'Autriche, ex-impératrice des Français, reçut les duchés de Parme et de Plaisance. Se fondant sur l'ancien droit des ducs de Parme et sur le fait qu'elle descendait directement de la famille des Farnèse, elle se déclara grande maîtresse de l'Ordre Constantinien, mais c'est, en fait, un nouvel ordre qu'elle fonda le 26 décembre 1816. Le roi des Deux Siciles restait grand maître du véritable Ordre Constantinien.
. En 1860, tous les biens de l'Ordre Constantinien de l'ex-royaume des Deux-Siciles étaient restitués, par décret de Garibaldi, au patrimoine national du nouvel état italien, mais l'Ordre n'était pas pour autant supprimé.

L'Ordre est aujourd'hui la propriété dynastique de la Maison royale des Deux-Siciles. Il est destiné, comme par le passé, à la glorification de la Croix, la propagation de la Foi, la défense de l'Eglise, l'assistance hospitalière et la bienfaisance.

 


ORDRE DE SAINT JEAN DE JERUSALEM

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L'Ordre Souverain et Militaire de Saint-Jean de Jérusalem, plus connu sous le nom d'Ordre de Malte, a eu pour berceau l'église Sainte-Marie-Latine à Jérusalem, bâtie en 1048, et le monastère et l'hôpital édifiés sous ses murs à l'intention des chrétiens résidant dans la Ville sainte. L'église était desservie par des religieux, et l'hospice par des frères hospitaliers. A la suite de la conquête de Jérusalem, en 1099, le bienheureux Gérard Tenque sépara les hospitaliers des religieux et fonda l'Ordre de Saint-Jean-Baptiste qui fut approuvé par Pascal II en 1113. Cinq ans après, le grand maître Raymond du Puy le convertissait en un ordre religieux de chevalerie, que Calixte II confirma en 1120.

La chute de Jérusalem en 1187 força les chevaliers de Saint-Jean à se retirer à Margat, en Phénicie, puis à Saint-Jean-d'Acre. De là, ils passent dans l'île de Chypre et, en 1309, à Rhodes dont ils se sont emparés et où ils sont restés jusqu'en 1522. Après le siège de Rhodes, les chevaliers, contraints de capituler, reçurent de l'empereur Charles Quint l'île de Malte où ils allèrent s'installer en 1530. Ils s'y maintinrent jusqu'en 1798, date à laquelle l'île fut prise par Bonaparte. Le grand maître Ferdinand de Hompesch abdiqua en 1799 et l'Ordre tenta de se mettre sous la protection de l'empereur Paul ler de Russie, mais son successeur, Alexandre Ier, refusa la grande maîtrise en 1801.
L'Ordre se réfugia dans les villes d'Italie, mais ses biens furent confisqués presque partout. C'est la papauté qui l'empêchera de disparaître. En effet, Léon XII le transporta dans les Etats de l'Eglise en 1827; Grégoire XVI, en 1834, autorisa son installation définitive à Rome, au palais de Malte, où se trouve le grand magistère, encore aujourd'hui.
Au XIX eme siècle, après avoir été administré par des lieutenants généraux, l'Ordre Souverain de Malte fut gouverné de nouveau par un grand maître dont le titre fut rétabli, en accord avec le Saint Siège, en 1879.

L'Ordre est revenu à sa vocation hospitalière primitive et ses œuvres actuelles témoignent de son intense activité auprès des pauvres et des malades.

 


ORDRE DU SAINT SEPULCRE DE JERUSALEM

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L'Ordre du Saint-Sépulcre doit son institution à l'antique coutume d'armer des chevaliers sur le tombeau du Christ, au temps des croisades, coutume qui subsiste encore aujourd'hui. Les historiens rapportent que Godefroy de Bouillon fonda en 1099 un ordre de chanoines réguliers dont la mission était de veiller sur le Saint-Sépulcre et d'y célébrer les offices. Ces religieux furent placés en 1112 sous la règle de saint Augustin par le patriarche de Jérusalem, et confirmés comme tels dix ans après par une bulle de Calixte II.

Dès le début du XIIe siècle, les chanoines-soldats du Saint-Sépulcre participèrent aux combats en compagnie d'un tiers-ordre composé de combattants qui portaient le nom de chevaliers. Mais c'est seulement après la perte de la Terre sainte que la dénomination d' " Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem " apparaîtra dans les textes, et notamment dans une charte qui fut, en 1549, déposée officiellement à Jérusalem, au trésor du Saint-Sépulcre.
A la fin du XIIIe siècle, au retour de ses membres en Europe, l'Ordre comportait à la fois des chevaliers adoubés, des chanoines réguliers et des confréries de laïques qui lui étaient rattachées et facilitaient aux pèlerins le voyage de Jérusalem.

Le pape Innocent VIII (1484-1492) réunit les chevaliers du Saint-Sépulcre aux Hospitaliers de Saint-Jean, comme étant de mêmes vœux et règles, alors que ceux-ci étaient à Rhodes; mais dès 1496 Alexandre VI (Borgia) les sépara de nouveau, en transportant au Saint-Siège le pouvoir de conférer cet ordre de chevalerie et déclara que ce pouvoir serait délégué au vicaire général, gardien du Saint-Sépulcre, et qu'il pourrait conférer cet Ordre aux pèlerins et voyageurs de Terre sainte. Depuis 1847, l'Ordre est devenu un ordre équestre pontifical sans vrai rapport avec les anciens chanoines-chevaliers. De l'ancien ordre militaire ne subsistent que des monastères de chanoinesses autonomes les uns par rapport aux autres.
De 1907 à 1949, le pape en était le grand maître, mais de nouveaux statuts furent accordés en 1949 et désormais la grande maîtrise est assurée par un cardinal.

 


ORDRE DE SAINT LAZARE DE JERUSALEM

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Si la tradition le fait remonter à Jean Hyrcan, fils de Simon Macchabée, la véritable histoire de l'Ordre commence, comme pour les Templiers ou les Hospitaliers, avec l'arrivée des croisés à Jérusalem. Le premier grand maître fut le bienheureux Gérard Tenque auquel succéda Roger Boyant, ancien recteur de l'Hôpital de Saint-Jean, devenu lépreux; d'où la coutume qui voulut que les grands maîtres fussent lépreux.

A l'origine uniquement religieux, l'Ordre devint militaire vers 1200. Son but originel était de recevoir les chevaliers des divers ordres atteints de la lèpre. Mais son caractère militaire, sous la domination franque en Palestine, est indéniable puisqu'en 1244 on trouve les chevaliers au combat de Gaza, où ils se font massacrer. Innocent IV autorise alors l'élection d'un maître en Europe. En 1256 néanmoins, lorsque les chevaliers quittent la Palestine pour installer leur magistère en Europe, ils constituent avec les Templiers, les Hospitaliers et les Teutoniques l'un des quatre grands ordres militaires.
C'est en 1244 que l'Ordre se développa en France grâce aux libéralités de Louis IX qui, à son retour de la croisade, installa les chevaliers au château de Boigny dont le grand maître fera sa résidence en 1291. L'Ordre ne fut jamais, depuis lors, bien portant. La papauté, dont il dépendait, le réunit, en 1603, à l'Ordre de Saint-Maurice dont les ducs de Savoie était maîtres héréditaires, ce qui équivalait, en fait, à sa disparition. Henri IV voulut le maintenir en France et fonda l'Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel, auquel il réunit SaintLazare, mais Rome ne reconnut pas la fusion.

Saint-Lazare devint, désormais, en France un ordre dynastique que dominèrent les rois de France et qui prit officiellement le titre d'Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem.
En 1703 fut imprimé pour les deux ordres réunis un nouveau cérémonial.

Supprimé par la Révolution française, il ressuscita sous la Restauration, Louis XVIII prenant seulement le titre de protecteur de l'Ordre.
Après 1830, les chevaliers se regroupèrent pour former avec les débris de l'Ordre une association nobiliaire et se placèrent sous la protection spirituelle des patriarches grecs melchites catholiques d'Antioche, d'Alexandrie et de Jérusalem. Ce protectorat dura jusqu'en 1930, date à laquelle le grand magistère fut restauré.

PROFESSION DES CHEVALIERS
DE L'ORDRE DES SAINT-MAURICE-ET-LAZARE DE SAVOIE

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Dès 1434, Amédée VIII, duc de Savoie, créa une Milice de Saint-Maurice, mais c'est en 1572 que fut institué par le duc EmmanuelPhilibert de Savoie l'Ordre militaire et religieux de Saint-Maurice ; ce dernier fut confirmé par une bulle du pape Grégoire XIII datée du 16 septembre 1572 et devait suivre la règle de Cîteaux. Le même pape, par une bulle du 13 novembre 1572, unit l'Ordre de Saint Lazare, qui n'avait plus de grand maître, à celui de Saint-Maurice pour constituer l'Ordre des Saint-Maurice-et-Lazare, placé, à la demande du duc, sous la règle de Saint-Augustin ; l'Ordre demeure aujourd'hui l'apanage de la Maison de Savoie.

 


ORDRE TEUTONIQUE

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L'Ordre Teutonique, dit encore de Sainte-Marie-des-Allemands, tire son origine du poste de secours installés sous la tente par de riches marchands de Brême et de Lubeck pendant le siège de Saint Jean-d'Acre, au moment de la troisième croisade (1189-1192).
. Cette institution primitive se développa et devint un hôpital sous le protectorat d'allemands fortunés. A l'arrivé du duc Frédéric de Souabe, en 1190, son chapelain Conrad et son chambellan Burkhard en prirent la direction et donnèrent aux hospitaliers la règle de SaintJean. La prise d'Acre en 1191 permit d'y transporter l'hôpital, qui fut appelé Hôpital des Allemands à Jérusalem, en prévision de l'installation du siège de l'Ordre dans la Ville sainte. Le Pape Célestin III et l'empereur Henri IV encouragèrent cette fondation; avec le concours des chevaliers de Saint-Jean et du Temple, en mars 1198, les princes allemands la convertirent en un ordre de chevalerie, appelé Ordre Teutonique et approuvé le 19 février 1199 par la bulle Sacrosancta Romana.

Les chevaliers faisaient les trois vœux et s'engageaient à soigner les malades et à combattre les infidèles.
Le siège de l'Ordre était à Acre d'où il fut transféré, après la perte de cette ville en 1291, à Venise, puis, en 1309, à Marienbourg, en Prusse, et à Koenigsberg en 1457. Au XIIIe siècle, vingt-et-un de ses chevaliers et cent servants étaient allés en Prusse pour pacifier ce pays encore païen; la puissance de l'Ordre devait s'y maintenir pendant deux cents ans.
Il eut aussi à lutter contre la Pologne qui gagna sur son armée la bataille de Tannenberg le 15 juillet 1410.

Le 10 avril 1525, le grand maître Albrecht de Brandebourg ayant embrassé la religion protestante se fit proclamer, par le traité de Cracovie, duc de Prusse. Cependant, les chevaliers demeurés fidèles à la foi catholique élurent pour chef de l'Ordre, en 1526, Walther de Cronberg, dont la résidence fut fixée à Mergentheim, en Franconie, avec l'approbation de Charles Quint; le Saint-Empire conféra désormais l'investiture au grand maître.
. En 1805, le traité de Presbourg fit de la grande maîtrise un apanage de la lignée masculine des Habsbourg-Lorraine. L'archiduc Eugène, Le grand maître de l'Ordre, ayant renoncé le 30 avril 1923 à cette dignité, l'évêque Norbert-Jean Klein fut élu le même jour grand maître et réélu le 13 juin 1930. Depuis cette date, la grande maîtrise est assurée par un abbé mitré dont l'autorité ne dépend que du pape.

L'Ordre compte aujourd'hui un millier de membres, prêtres, religieuses et laïcs, qui poursuivent dans ses dispensaires et ses écoles l'œuvres des hospitaliers de Jérusalem.

 


ORDRE DE CALVATRA

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L'Ordre de Calatrava fut fondé en 1158 par le bienheureux Raymond Serrat, abbé du monastère cistercien de Fitero, en Espagne, pour défendre la forteresse de Calatrava située le long de la frontière avec la zone musulmane, au sud de la Castille. Le pape Alexandre 111 confirma l'Ordre le 25 septembre 1164. Par une déclaration du chapitre général datée du mois de septembre 1187, les chevaliers furent affiliés à l'Ordre de Cîteaux et tous les membres de l'Ordre étaient considérés comme des moines cisterciens, la règle étant celle de l'Ordre de Cîteaux. Comme les Templiers, ses membres n'exerçaient aucune activité hospitalière.

Calatrava fut rattaché à la Couronne par les Rois Catholiques en 1487, à la mort du trentième grand maître. Le 25 juillet 1835, le gouvernement espagnol ayant supprimé les monastères, le prieur du Sacro Convento fut expulsé, tandis que les chevaliers faisaient sauter leur propre forteresse. La situation des ordres ne fut réglée que le 17 octobre 1851 quand ils furent tous regroupés sur un même territoire, celui de Ciudad-Real, qui constitua un diocèse exempt et reçut le titre de Privato de las Ordenes. A sa tête se trouve l'évêque prieur, assisté d'un chapitre canonial dont les membres appartiennent obligatoirement à l'un des quatre ordres : Calatrava, Alcan Saint-Jacques-de-l'Epée et Montesa.

L'Ordre de Calatrava est devenu aujourd'hui purement honorifique, mais des Comendadoras vivent encore dans deux couvents, Madrid et à Burgos.

ORDRE D'ALCANTARA

L'Ordre d'Alcantara aurait été fondé en 1156 ou 1178 par deux frères, Suarez et Gomez, qui, sur le conseil d'un ermite, bâtirent une forteresse sur les frontières de Castille, dans le diocèse de Ciudad Rodrigo, pour résister aux Maures; ils lui donnèrent le nom de Saint Julien-du-Poirier. L'Ordre fut confirmé, en tant que religion militaire, par le pape Alexandre III en 1177 à la prière de Gomez qui n'avait alors que le titre de prieur; mais dans une bulle du pape Lucius III, datée de 1183, il est désigné comme grand maître. Cette bulle octroya aux chevaliers la règle de saint Benoît.

Sous le deuxième grand maître, Don Benoît Suarez, se fit l'union fraternelle avec les chevaliers de Saint-Jacques-de-l'Epée. Les deux grands maîtres jurèrent une alliance éternelle entre eux et un fidèle attachement aux rois de Castille et de Léon contre les Maures. Les chevaliers reçurent la règle de Cîteaux et leur sceau porta un poirier en mémoire de leur institution.
Le roi de Léon, qui s'était rendu maître d'Alcantara, sur le Tage, en fit don aux chevaliers de Calatrava, mais ces derniers conseillèrent au souverain de confier la place aux chevaliers de Saint-Julien à condition qu'ils se réuniraient à ceux de Calatrava. L'union se fit en 1218 mais les chevaliers d'Alcantara, qui prirent alors leur dénomination actuelle, n'en conservèrent pas moins leur indépendance et prirent une part importante dans les guerres successives contre les Maures.

Supprimé une première fois en 1872, l'ordre d'Alcantara fut définitivement rétabli par le général Franco en 1936.

ORDRE MILITAIRE DE SAINT-JACQUES-DE-L'EPEE

L'ordre militaire de Saint-Jacques-de-l'Epée prit naissance, en Espagne, dans la province de Léon, vers l'année 1170. Des chanoines réguliers de l'ordre de saint Augustin bâtirent à cette époque plusieurs hôpitaux sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Galice, dans le but de secourir les nombreux pèlerins qui étaient continuellement attaqués par les Maures, alors maîtres d'une partie de l'Espagne.
Peu de temps après, treize gentilshommes se joignirent à ces religieux et s'engagèrent, se plaçant sous l'invocation de saint Jacques, à assurer les chemins et à rendre le passage facile aux chrétiens en combattant les infidèles. Immédiatement après, ces chevaliers s'unirent aux moines de Lerio et se soumirent à la règle de saint Augustin. Ils jetèrent les premiers fondements de l'ordre de Saint-Jacques-del'Epée, qui fut successivement approuvé par un bref du pape Alexandre III, en 1175, et par Innocent III, en 1200.

L'ordre de Saint-Jacques fut administré par un grand maître jusqu'en 1493. A la mort de Don Alonso de Cardenas, quarantième grand maître de l'ordre cette année-là, le pape Alexandre VI incorpora, à perpétuité, sa grande maîtrise à la couronne d'Aragon, en faveur de Ferdinand V le Catholique. Depuis cette époque, les rois d'Espagne ont conservé les titre et dignité de grand maître et administrateur de l'ordre qui est ainsi placé sous la protection de la couronne.

 

LE NOBLE ORDRE DE LA TOISON D'OR

I2

L'Ordre de la Toison d'Or, le plus glorieux et le plus illustre de tous les temps, fut fondé par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, le 10 janvier 1430, jour de son mariage avec Isabelle de Portugal. Son but principal était la gloire de Dieu et la défense de la religion chrétienne, comme le rappelait l'inscription figurant sur le tombeau du duc à Dijon :

" Pour maintenir l'Eglise qui est de Dieu maison,
J'ai mis sus le noble ordre, qu'on nomme la Toison. "

Cette confrérie de chevalerie avait été appelée du nom de la Toison d'or conquise par Jason lors de l'expédition des Argonautes en Colchide, mais très rapidement la symbolique biblique devait prévaloir sur la légende païenne et dès la fin du règne de Philippe le Bon, l'évêque Guillaume de Filastre, qui fut chancelier de l'Ordre, ne trouve pas moins de six toisons, celle de Jason, de Gédéon, de Jacob, de Mesa, de Job et de David, correspondant chacune à une vertu que devait posséder tout bon chevalier.
L'Ordre n'en avait pas moins un caractère politique et son éclat, ainsi que le luxe dont étaient entourées ses cérémonies, assurait au Grand Duc d'Occident un prestige international et lui permettait, en choisissant des personnages parmi les plus importants des anciens duchés et comtés unis sous son sceptre, de renforcer le lien dynastique entre ses divers Etats.
A plusieurs reprises, Charles Quint et ses successeurs se réservèrent le titre honorifique de Duc de Bourgogne, comme chef de cette maison, afin de pouvoir conserver la maîtrise de l'Ordre.

A la mort de Charles II, roi d'Espagne, dernier descendant de Charles Quint, son petit-neveu, Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV et de l'Infante Marie-Thérèse, qu'il avait institué héritier de tous ses Etats, voulut conserver la grande maîtrise de l'Ordre. Mais l'empereur Léopold ler, chef de la branche autrichienne des Habsbourg, s'attribua également les titres et les souverainetés non territoriales de la Maison de Bourgogne, à commencer par celle de la Toison d'Or. Ainsi naquit la division de l'Ordre.
Napoléon ler, le 15 août 1809, après avoir vaincu l'Autriche à Wagram et mis Joseph sur le trône d'Espagne, décida de créer l'Ordre des Trois Toisons d'Or, mais le projet souleva de telles protestations de la part des titulaires de la Légion d'Honneur que le décret resta sans lendemain.

Aujourd'hui, l'ordre habsbourgeois de la Toison d'Or, aux destinées duquel préside Son Altesse Impériale Otton, archiduc d'Autriche, a conservé le caractère religieux et aristocratique que lui avait donné Philippe le Bon et le français est resté sa langue officielle.
L'Ordre espagnol a pour grand m2Cltre, depuis le 14 mai 1977, le roi Juan Carlos ler d'Espagne. Le décret royal de 1847 qui en fit un ordre royal à caractère civil précisait qu'il continuerait à être régi par ses anciens statuts, avec les mêmes insignes et le même nombre de chevaliers qui était de vingt-quatre lors de sa création et qui fut successivement porté à trente, puis cinquante.

 


ORDRE DE SAINT-MICHEL

I3

L'Ordre de Saint-Michel fut créé à Amboise le ler août 1469 par Louis XI. Le roi de France en assurait la grande maîtrise et les chevaliers, au nombre de trente-six, devaient lui prêter serment. Lorsque Henri III fonda l'Ordre du Saint-Esprit en 1578 pour regrouper sa noblesse, les statuts prescrivirent que ses deux cents chevaliers devaient être membres de Saint-Michel, qui prit ainsi la place de second ordre du royaume.

L'institution subit de nombreuses modifications, à commencer par l'abandon du système électif des membres, qui furent nommés par le roi seul. Le nombre de ses chevaliers ne cessa d'augmenter, surtout à partir du début des guerres de religion. On en aurait alors compté près de cinq cents, parmi lesquels des civils et des anoblis récents.
A la suite de nouveaux abus, Louis XIV procéda, en 1661 et 1665, à une réforme sévère et fixa ses effectifs à cent, non compris les chevaliers du Saint-Esprit. Mais, à partir du règne du Roi-Soleil, l'institution prit un caractère assez particulier, devenant surtout la récompense des savants, des écrivains, des artistes, anoblissant ceux qui n'étaient pas " nés ".

Aboli sous la Révolution, il fut rétabli par Louis XVIII et continua d'être décerné dans le même esprit jusqu'à la chute de la monarchie légitime en 1830. Sous la Restauration, les chevaliers furent au nombre de cent, non compris ceux du Saint-Esprit. Après Charles X, il ne semble pas qu'il y ait eu des nominations, bien qu'une " survivance " de Saint-Michel ait été assurée par les prétendants " légitimistes " de la maison de Bourbon-Anjou (branche " puinée " dite encore d'Espagne) au trône de France.

 


ORDRE DU SAINT-ESPRIT

I4

C'est pour regrouper autour de lui et s'attacher les principaux chefs du " parti catholique " en pleine guerre de religion qu'Henri III créa en décembre 1578 un nouvel ordre de chevalerie dédié au " benoist Saint-Esprit ", en souvenir de son accession aux trônes de Pologne, puis de France un jour de Pentecôte.
Les statuts fondamentaux de l'Ordre précisaient que les membres français devaient être au nombre de cent (par la suite, des étrangers, toujours peu nombreux, furent admis en surnombre) : quatre-vingt sept chevaliers nobles de trois générations, âgés d'au moins trente cinq ans (vingt-cinq pour les princes), déjà membres de l'Ordre de Saint-Michel; à partir d'Henri IV, les enfants royaux qui recevaient le cordon au berceau; neuf ecclésiastiques, dont le grand aumônier de France, quatre grands officiers (ou administrateurs) : le chancelier, le prévôt-maître des cérémonies, le grand trésorier, le secrétaire greffier.
Les obligations des chevaliers étaient entièrement orientées vers une fidélité inaltérable à leur foi et à leur grand maître, les statuts ne rappelant que de façon discrète les devoirs d'assistance charitable ou d'entraide mutuelle imposés à la plupart des ordres chevaleresques.

L'Ordre brilla de tout son éclat sous Louis XIV et devint le plus illustre des ordres de l'Ancien Régime. La noblesse resta toujours une condition nécessaire aux chevaliers, qui lia les mains du roi lui-même.

La Législative abolit l'Ordre du Saint-Esprit. Louis XVIII le rétablit dès son arrivée en France et, reconnaissant la noblesse d'Empire, y fit entrer les maréchaux et les hauts dignitaires de la France napoléonienne. S'il disparut en France à l'avènement de Louis-Philippe, Louis XIX, 10e chef et souverain grand maître, comte de Marnes, ancien duc d'Angoulême et ancien Dauphin, fit, toutefois, une nomination, dans l'Ordre, celle de François, comte de Bouillé, pair de France, en 1837, donc en exil. Henri V, 1 le chef et souverain grand maître, comte de Chambord, aurait reçu dans l'Ordre : Henri, prince de Parme, comte de Bardi; Robert Ier, duc de Parme, et Charles, duc de Madrid, prétendant au trône d'Espagne sous le nom de Charles VII (1868).

 


ORDRE ROYAL ET MILITAIRE DE SAINT-LOUIS

I5

L'édit de création de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, signé par Louis XIV, date du 5 avril 1693. Le roi se déclarait grand maître de l'Ordre, ainsi que ses successeurs. Le Dauphin en faisait partie et l'Ordre entier devait comprendre huit grand-croix, vingt huit commandeurs et le nombre de chevaliers que Sa Majesté jugerait à propos d'y admettre.
La profession de la religion catholique, apostolique et romaine était une condition formelle d'admission. L'édit de 1693 ne mentionnait pas de conditions nobiliaires, mais exigeait un minimum de dix ans de service en qualité d'officier dans les armées de terre et de mer.

On peut distinguer, dans l'histoire de l'Ordre jusqu'en 1792, deux périodes distinctes. Dans la première, qui va jusqu'à la mort de louis XIV, l'Ordre récompensera les meilleurs serviteurs de la monarchie; leur rang dans l'Ordre était indépendant de leur grade. Dans la seconde période, l'Ordre fut la récompense naturelle de tous les officiers.
Les ultimes promotions de Saint-Louis, sous Louis XVI, eurent lieu en 1777, 1789, 1790, 1791 et 1792. Le décret du ler janvier 1791, sanctionné le 7, supprima le nom de Saint-Louis, ainsi que le serment. Sous le nom de Décoration Militaire, il devait être accordé aux officiers de toutes armes et de tout grade. Le décret du 30 juillet 1791 supprima à son tour tout ordre et toute décoration, mais conserva la Décoration Militaire. Le 15 octobre 1792, la Décoration fut elle-même supprimée.

Louis XVIII, à peine sur le trône, rétablit l'Ordre de Saint-Louis, en faveur non seulement de ses anciens fidèles, mais aussi de nombreux officiers de l'ancienne armée impériale. Charles X restaura les cérémonies de l'Ordre. Henri V, 8e chef et souverain grand maître, comte de Chambord, membre de l'Ordre en droit dès 1836, comme héritier de Louis XIX, aurait nommé chevalier en 1875 Henri, prince de Parrne, comte de Bardi.

 


ORDRE DE SAINT-BENOIT D'AVIZ

I6

Le roi Alphonse-Henriquez ler de Portugal ayant pris, en 1147, la ville d'Evora sur les Maures et convaincu qu'il devait cette victoire à la protection de la Très Sainte Vierge, donna le nom de Confrères de Sainte-Marie d'Evora à une troupe de chevaliers formée par ses soins dans le but de garder et défendre la ville. Les chevaliers demeurèrent plusieurs années dans les murs d'Evora.
. En 1187, Henriquez, ayant de nouveau battu les infidèles, leur enleva la forteresse d'Aviz et en confia la garde à la milice des Confrères de Sainte-Marie d'Evora. Ceux-ci, en venant s'y établir, se constituèrent en ordre religieux et militaire sous le nom de chevaliers de l'Ordre d'Aviz. Jean de Cirita, légat du pape et abbé de Taronca, leur donna des statuts selon lesquels les chevaliers devaient observer la règle de saint Benoît et de Cîteaux.

Une fusion s'opéra, entre 1352 et 1385, entre les chevaliers d'Aviz et ceux d'Alcantara, mais en 1385 l'Ordre redevint complètement indépendant.
Les chevaliers faisaient primitivement vœu de chasteté, de pauvreté et d'obéissance. En 1496, le pape Alexandre VI changea le vœu de chasteté absolue en vœu de chasteté conjugale; en 1505, le pape Jules II délia les chevaliers du serment de pauvreté. En 1443, les rois de Portugal eurent l'administration et la maîtrise de l'Ordre, et en 1551 le pape Jules III confina cette grande maîtrise.

En 1789, la reine Maria sécularisa les ordres militaires et leur donna de nouvelles constitutions. D'après les nouveaux statuts, l'Ordre de Saint-Benoît d'Aviz s'appela l'Ordre du Mérite Militaire de Saint-Benoît d'Aviz et devint purement honorifique.
Les statuts actuels datent du 24 novembre 1963.

 


ORDRE DU CHRIST DU PORTUGAL

I7

Après l'abolition de l'Ordre du Temple, le roi de Portugal Denis ler obtint, en 1319, du pape Jean XXII l'autorisation de créer la " Milice du Christ ". Ce fut, dans le principe, une simple continuation, sous un nom nouveau, de celui du Temple et de nombreux Templiers y trouvèrent refuge. Les chevaliers du Christ, comme ceux du Temple, étaient destinés à combattre les Maures. Le chef-lieu de l'Ordre était à Castro-Marino; plus tard, il fut transporté à Thomar.
Cet Ordre était soumis à la règle de saint Benoît et les chevaliers jouissaient de tous les privilèges, droits, exemptions et juridictions dont avaient bénéficié les chevaliers du Temple. Ils furent peu à peu déchargés des trois vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Alexandre VI (pape de 1492 à 1503) leur permit de se marier et les rois de Portugal les comblèrent de richesses. Jean Ier (roi de 1385 à 1433) leur abandonna même toutes les possessions et les colonies de l'Afrique, ne se réservant que le droit de suzeraineté. Mais l'Ordre devint si puissant qu'il fut décidé que ses nouvelles conquêtes seraient une propriété de la couronne et le pape Jules 111 réunit, en 1550, la grande maîtrise de l'Ordre à la couronne. de Portugal. Les rois, à dater de ce jour, devinrent les administrateurs de l'Ordre.

En 1789, l'Ordre du Christ, comme celui d'Aviz, fut réorganisé par la reine Maria qui lui donna de nouveaux statuts, en vigueur jusqu'en 1918. Il était devenu purement honorifique. Les statuts actuels datent du 24 novembre 1963 et l'Ordre prend place après celui d'Aviz.